viernes, 11 de septiembre de 2015

L'ANGE ET L'ENFANT



Un ange au radieux visage 
Penché sur le bord d'un berceau, 
Semblait contempler son image 
Comme dans l'onde d'un ruisseau.

Charmant enfant qui me ressemble, 
Disait-il, oh ! viens avec moi : 
Viens, nous serons heureux ensemble 
La terre est indigne de toi.

Là, jamais entière allégresse : 
L'âme y souffre de ses plaisirs, 
Les cris de joie ont leur tristesse 
Et Les voluptés ont leurs soupirs.

Eh quoi ! les chagrins, les alarmes 
Viendraient troubler ce front si pur, 
Et par l'amertume des larmes 
Se terniraient ces yeux d'azur !

Non, non : dans les champs de l'espace 
Avec moi tu vas t'envoler ; 
La Providence te fait grâce 
Des jours que tu devais couler.

Que personne dans ta demeure 
N'obscurcisse ses vêtements ; 
Qu'on accueille ta dernière heure 
Ainsi que tes premiers moments !

Que les fronts y soient sans nuage, 
Que rien n'y revèle un tombeau : 
Quand on est pur comme à ton âge 
Le dernier jour est le plus beau.

Et secouant ses blanches ailes, 
L'ange à ces mots a pris l'essor 
Vers les demeures éternelles... 
Pauvre mère, ton fils est mort !

(ARTHUR RIMBAUD)

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EL GATO QUE ESTÁ TRISTE Y AZUL

EL GATO QUE ESTÁ TRISTE Y AZUL